Devenir architecte

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Fondation Jacques Rougerie : toujours plus loin, toujours plus haut (Partie 3)

 

Le 17 janvier 2019, à l’Institut de France, dans la grande salle des séances, la Fondation Jacques Rougerie a récompensé les lauréats de la 8ème édition de son concours international d'architecture, la promotion 2018 Laurent Fayat.

Nous vous présentons dans cette troisième partie une description des projets lauréats de la catégorie " Architecture et Problématique de la Montée du Niveau des Océans ", et nous vous souhaitons une bonne lecture !!!

 

Architecture et Problématique de la Montée du Niveau des Océans

Nouveauté : focus « Le Littoral Africain »

Afrique du sud ; littoral

Le Président Mandela disait en 1998, que les longues et magnifiques côtes d’Afrique, ainsi que l’abondance de ressources marines, peuvent contribuer à améliorer la sécurité économique, alimentaire et environnementale du continent.

L’Afrique en étant bordée par la mer méditerranée et la mer rouge au nord, l’océan atlantique à l’ouest, l’océan indien à l’est et l’océan austral à l’extrémité sud du continent, est bien dotée.

Parmi les atouts majeurs qu’offrent les océans et les côtes africaines pour le développement économique, social et culturel du continent, on peut citer :

• Le transport maritime de pétrole et de gaz côtiers et offshore,

• Le transport et le commerce maritime,

• L’extraction minière sur les côtes et au large,

• La pêche côtière et hauturière,

• Une biodiversité hors de l’imagination et d’énormes ressources génétiques et médicinales marines,

• Le tourisme de bord de mer.

Ces ressources marines et côtières, tout comme le reste des ressources environnementales de l’Afrique, continuent d’être exploitées d’une façon qui ne profite pas à l’Afrique, ni à ses populations.

 

Les défis pour l’Afrique en ce qui concerne son développement côtier sont, entre autres :

• La montée du niveau des océans,

• L’inondation des côtes et les crues,

• La pollution par les hydrocarbures et la pollution d’origine terrestre,

• La dégradation des littoraux, y compris l’érosion côtière avec la perte des infrastructures et des domaines côtiers,

• La perte de la biodiversité et des habitats critiques.

 

Il devient donc important d’inventer de nouvelles formes de villes côtières, durables, ouvertes et résilientes grâce à une architecture innovante et une ingénierie côtière localement adaptées en Afrique. Le but de ce Prix Focus est de contribuer à la fois à l’invention du futur, en ce qui concerne le développement des villes côtières africaines, ainsi que la préservation de leurs patrimoines intangible et tangible.

 

Ce Focus s’adresse à toute personne ou équipe visionnaire et passionnée, afin d’imaginer des systèmes de techniques et d’innovations, de design, d’architecture, de concepts et/ou de modèles scientifiques et des méthodes d’ingénierie en se servant à la fois de savoirs et de technologies modernes et ancestrales, qui respecteront la civilisation et la cosmogonie africaines, l’identité locale, les valeurs culturelles, sociales et environnementales, en harmonie avec le mode vie des communautés et des populations locales, mais également en reflétant notre monde globalisé. Tout en encourageant des équipes internationales riches de diversité de par le monde, il est cependant recommandé de privilégier à la tête des équipes ou des promoteurs de projets, des ressortissants Africains, idéalement basés en Afrique ; dans le but de soutenir le leadership, l’esprit d’appropriation et d’entrepreneuriat en Afrique.

 

Grand prix : Chang Chun Lin, Sheng Han Chen ; Architectes ; Taïwan, Chine

The great wall of lagoon : Gardez le littoral, Reconstruisez la communauté

 

© FONDATION JACQUES ROUGERIE / Chang Chun LIN

 

La grande muraille de Chine empêchait les tribus du nord d'envahir la dynastie. Elle a passé des centaines d'années à remplir sa mission. Contrairement à la Chine, nous ne sommes plus menacés par les nomades du nord, mais le niveau de la mer qui s'élève juste comme eux, érode notre terre.

Prenez notre ville natale, Dong-shih, Chiayi, à Taiwan par exemple, le banc de sable en dehors de la côte ouest en a fait une lagune de 2 km de large et de 8 km de long. La zone de mer calme est devenue une pêcherie naturelle et une ferme ostréicole. Cependant, le niveau de la mer a augmenté, par conséquent, l'interaction entre les vagues et le vent a multiplié par 15 le rétrécissement de la rive chaque année.

Nous souhaitons construire une série de dispositifs reliés entre eux, non seulement pour protéger la rive de la mer en fixant le sable, mais aussi pour l'intercepter. Les dispositifs se composent en quatre parties ; la partie stabilisant le banc de sable, la zone de vie et la partie mécanique. La première partie est constitué d'une série de filets, implantée au fond du banc de sable. Cette partie devient un système non seulement pour stabi1iser le sable, mais aussi pour amonceler le sable, afin de faire monter le niveau du banc.

Il est donc primordial de préserver le banc de sable pour préserver le rivage de l'assaut des vagues et du vent, et garantir que le lagon reste un lieu essentiel et propice à la pêche.

 

Mention spéciale : Loïs Tavernier ; Designer ; France

Tekasa'i ; Vivre en symbiose sur l'eau

 

© FONDATION JACQUES ROUGERIE / Louis TAVERNIER

 

TEKASA'I a pour objectif de rétablir la symbiose entre les hommes et leur environnement, grâce à une structure pérenne placée sur l'eau, développant la vie sur les terres inondées.

Selon le GIEC, un tiers du Bangladesh est exposé à la montée des eaux. C'est déjà plus de 30.000 réfugiés climatiques qui sont concernés.

Placée sur l'eau, cette structure est construite pour répondre aux différents problèmes environnementaux du pays. Elle garantit la sécurité, le confort et la pérennité.

Tékasa'i est composée d'une partie intérieure qui correspond à l'habitat et d'une partie extérieure qui permet de faire de l'aquaculture et de l'agriculture hors sol. Tekasa'i est construit entièrement en bambou et assemblé selon des techniques locales.

Le projet a été pensé pour le Bangladesh, car c'est le pays le plus touché par ces changements. Cependant il peut s'inscrire aussi dans d'autres deltas menacés, aux mêmes caractéristiques environnementales.

Focus : Franklin Hermann Sokning Yemeli, Mesmer Ndienang Dapabko ; Architectes ; Cameroun

Sème-Biose : Au-delà de la résilience : le bleu et le vert pour un développement local durable du littoral sénégalais

 

© FONDATION JACQUES ROUGERIE / Franklin Hermann SOKNING YEMELI

 

Le Sénégal est un pays d’Afrique de l’Ouest situé sur la façade Atlantique. Il doit son nom au fleuve qui le borde à l’Est et au Nord. Le rapport à l’eau est donc capital pour son identité et son développement. Toutefois, son littoral est constitué à 90 % de côtes basses et sableuses. Aujourd’hui, le changement climatique combiné à l’explosion démographique et une extension urbaine démesurée y causent de nombreux problèmes (érosion, inondation, pauvreté, …). La situation des populations nous tient à cœur et encore plus celle de la jeunesse qui est devenue une urgence au point où traverser la méditerranée en pirogue devient une option.

 

Face à cette situation, SEME-BIOSE propose une approche de protection qui intègre le développement du littoral. La démarche est basée sur l’observation de la nature et l’écoute de l’homme. Il s’articule sur 5 strates. La démolition des ruines situées à distance non conforme du front de mer réduit la pression subie par la plage. Des éco-habitats en matériaux locaux permettent de reloger les populations déplacées à l’intérieur des terres. L’utilisation de brise-vents permet de reconstituer de façon naturelle le cordon dunaire. La création de récifs artificiels et la restauration de la mangrove développent de la biodiversité, atténuent les vagues et optimisent le dépôt sédimentaire. La création d’ilots artificiels permet de maîtriser les houles, tout en développant des activités durables. Une extension au large, à travers une architecture flottante et respectueuse de l’environnement accueille des activités rentables.

À court terme, le projet sème dans le cœur de l’homme des valeurs qui feront de lui un citoyen responsable et vertueux. La vie avec la mer cesse d’être un combat et devient une symbiose !

Le projet se résume à : SEME pour désigner la prise de conscience, le fait d’agir en vue d’anticiper le futur et BIOSE pour Biodiversité, Intégrité, Ordre, Santé, Émergence sont les meilleurs qualitatifs du projet ; d’où le titre "SEME-BIOSE".

 

Merci de partager vos impressions sur ces magnifiques projets avec nous en commentaire et n'oubliez pas de partager. Merci !!!

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