Devenir architecte

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Hassan Fathy : l’architecture au service des populations défavorisées

Reconnu internationalement, Hassan Fathy (1900-1989) est un ténor de l’architecture mondiale du XXe siècle. Il doit sa renommée au fait d’avoir ressuscité les techniques constructives traditionnelles de terre crue afin de bâtir une architecture équitable pour le fellah égyptien. Le village de Nouveau Gourna, projet-pilote pionnier, a suscité autant d’éloges que de critiques. Cette expérience témoigne d’un engagement social, économique et environnemental qui fertilise encore les pratiques constructives en Afrique et au Moyen Orient. Sa culture cosmopolite, son engagement nationaliste et son approche spirituelle se combinent dans des réalisations ancrées dans le terroir et s’appuyant sur la tradition.

1- Particularités de Hassan Fathy

 

Son intérêt prononcé pour la lutte contre la pauvreté rurale

Vous l’aurez compris ou non, mais chercher à savoir ce qu’on veut faire en tant qu’architecte est cruciale pour le bon déroulement de notre formation et de notre profession. Ce que Hassan Fathy architecte égyptien voulait « C’était construire un village où les fellahs (ce sont des paysans présents en Afrique du nord et dans les autres régions arabophones) mèneraient le genre de vie qu’il souhaitait pour eux. » et vous quelle vie souhaitez-vous, pour votre pays, vos proches et pour les plus démunies ?

Nos villes prennent du volume, l’insécurité et les déchets augmentent d’une part à cause du flux important de déplacement des populations des campagnes vers les villes. Avec comme aspiration : la recherche de conditions meilleures, la recherche de la modernité, la fuite de la pauvreté. C’est avec raison, car en effet la question d’une architecture rurale est peu ou pas évoqué la plupart du temps. On préfère réfléchir sur une architecture urbaine.

 

Sachez que notre travail, en tant qu’architecte ou en tant qu’acteur des métiers de la ville permettra à ces personnes (paysan, artisan…) dont la condition blesse parfois l’âme, de connaitre la richesse de leur patrimoine et plus encore, la grandeur de leur place dans la société. L’utilisation de l'architecture comme instrument pour rétablir la dignité des communautés rurales fragiles et dépeuplées par l'exode rural est possible, et n’attend que nous, futurs architectes. Définissons-nous même les limites de notre art.

Une grande ambition culturelle

Une forte ambition culturelle a toujours été un trait dominant de la personnalité des plus grands architectes. Voilà pourquoi chez l’architecte égyptien cette ambition, se manifeste :

Premièrement par sa manière particulière de voir la tradition. Cette expression qui renvoie pour la plupart des personnes à tout ce qui est vieux et dépassé, pour lui « La tradition, n’est pas forcément désuète et synonyme d’immobilisme. De plus, la tradition n’est pas obligatoirement ancienne, mais peut très bien s’être constituée récemment. Chaque fois qu’un ouvrier rencontre une nouvelle difficulté et trouve le moyen de la surmonter, il fait le premier pas vers l’établissement d’une tradition. ». Fidèle à son ambition, c’est dans cette tradition qu’il trouve ses modèles, vue que les anciennes traditions comprenaient déjà ce que la science redécouvre aujourd’hui. En complétant les propos de l’architecte égyptien avec ces quelques mots de Paul Valery « la véritable tradition, ce n’est pas de refaire ce que les autres ont fait, mais de retrouver l’esprit qui a fait ces choses et qui en ferait d’autres, dans d’autres temps ». Nous vous invitons à trouver l’esprit qui animait ces personnes ayant réalisé des prouesses et après cela de tout faire pour agir.

 

 

Et deuxièmement par son choix de carrière. Le changement est implicite, c’est un signe de la vie, s’il n’est pas pour le meilleur, il sera pour le pire, et tout plan doit consister à le diriger, pour le meilleur. Les pays pauvres dépendent des pays riches. Ainsi, pour leur développement ils se trouvent partager entre le modernisme occidental et une modernité dominée par les valeurs nationales, et basé sur une réelle confiance dans les potentialités populaires. L’Egypte, pays arabe du « tiers monde », illustre bien cette contradiction. Avec son prestigieux héritage de plus de 5000 ans de civilisation et de sa situation politique actuelle. Hassan Fathy entre ces deux voies, a choisi celle de la modernité arabe. Et vous que choisirez-vous ?

 

 

 

En quête d’une identité architecturale pour lui et son pays

 

 

Avez-vous remarqué que parfois tout est mis en place par notre environnement, pour nous rendre prisonnier du produit fini ? les publicités, à la télévision, en route sur les panneaux, dans les magazines et bien d’autres. En école d’architecture ce phénomène est la plupart du temps entretenu par nos projets d’ateliers. Car en effet l’accent, l'attention étant mis (par les encadreurs) sur le rendu final, cela pousse la majorité des élèves à ne laisser que peu ou pas de chance à leur démarche d’éclore. Alors que contrairement à l’ingénieur qui met un point d’honneur ou même qui sacralise le produit final, le résultat fini d’un travail ou d’un ouvrage, l’architecte concentre ses forces sur le processus, il savoure la démarche qui l’a conduit à ce produit fini. Cette compétence, est probablement la plus difficile à acquérir pour un élève architecte, aux vues de ces contraintes et parfois de son entourage (suivisme notoire).

Hassan Fathy architecte égyptien en méditant longuement sur sa démarche, est arrivé à perdre tout point de repère dans sa société arabe. Tout simplement parce que cette recherche du soi, lui permis de voir à quel point son pays perdait peu à peu son identité. Car nos populations et parfois même nos architectes préfèrent oublier leurs identités culturelles. Et cerise sur le gâteau, de plus en plus d’étranger en profitent pour construire dans nos différentes villes. Les pays africains ont certes, un choix à faire : celui de la modernité. Mais cette modernité ne devrait-elle pas être utiliser pour faire briller de mille feux, ce que nos pays ont de plus beaux à offrir ?

 

 

La quête de Hassan Fathy pour une identité architecturale qui pourrait renforcer celle de sa nation, ne s'est pas seulement focalisée sur la manière dont on construit une maison. Il s'agissait également de transformer la vie de tout un chacun, économiquement, socialement et culturellement. La connaissance de soi(identité) et de sa démarche, pourront nous donner les armes nécessaires pour agir efficacement dans l'avenir. Être polarisé sur le processus, c’est :

-bien comprendre un problème de conception avant de se mettre en quête de solutions

-ne pas adapter de force des solutions anciennes face à de nouveaux problèmes

-éviter d’engager son égo dans ses projets, et laisser s’écouler du temps avant de tomber amoureux de ses propres idées

-avoir une approche globale (prendre en compte simultanément les divers aspects d’un problème de conception) et non séquentielle (confirmer une solution avant d’avoir envisagé les autres aspects) des solutions et des décisions.

-prendre des décisions conditionnelles, c’est-à-dire en ayant conscience qu’elles peuvent fonctionner ou non à mesure que l’on progresse vers la solution.

-accepter l’anxiété naissante lorsque l’on ne sait que faire.

2-Vision et Démarche, Processus de travail

 

Le village est un lieu où le ressentit, la compréhension, l’acquisition de l’architecture est particulière et même sans pareil. Parce que dans ces lieux, les habitants sont activement inclus dans le processus de construction. Elles sont capables d’apprécier l’essence de notre travaille, de notre art, car elles ont une facilité à mettre les pieds dans la boue pour l’amélioration de leurs conditions… ça devrait être un honneur d’aller apporter notre expertise là-bas.

Ce qui a rendu Hassan Fathy célèbre, c’est la ferveur et la détermination avec laquelle, il a voulu démontrer que les matériaux ou les techniques traditionnels constituent souvent de meilleures réponses que les nôtres aux problèmes économiques et techniques de la construction dans les pays du Tiers Monde. Sa démarche consiste à moderniser le traditionnelle afin de satisfaire aux besoins réels des paysans sans faire appel à l’extérieur, affirmant à tout le monde qu’il est possible de construire pour les pauvres.

Son expérience nous apprend que c’est l’architecte qui a le plus à apprendre du paysan (penser aux prouesses, de précision et de délicatesse réalisé par ceux-ci dans l’ancien temps) et non le contraire. Voilà pourquoi il travaille de près avec les gens pour adapter ses dessins à leurs besoins.

 

 

 

Dans sa recherche architectural Hassan Fathy a cherché à libérer le paysan égyptien d’une dépendance envers des matériaux et des techniques étrangères à son environnement, à sa culture et à son rythme de vie. Il a donc œuvré dans le sens d’une autonomie du paysan égyptien et pour la sauvegarde de son patrimoine. En suivant ces trois principes :

Ø  Primo, « Les voies et moyens de construction des environnements doivent accroître le contrôle des gens sur leur existence »

Ø  Secundo, « Les voies et moyens que nous employons pour construire doivent engendrer et conserver la richesse matérielle là où elle est le plus nécessaire, même lorsqu’il n’est pas possible de redistribuer ce qui existe déjà »

Ø  Tertio, « La construction et l’entretient des environnements doivent faire un usage optimal des ressources abondantes et renouvelables, et préserver celles qui sont rares et polluantes. »

La philosophie d’Hassan Fathy pouvait se résumer en ces quelques mots :« Construire pour et avec le peuple ».

 

 

3-Critiques

 

Conformément à la vision de Fathy, qui prônait un recrutement local et une formation sur le terrain, afin de transmettre un savoir-faire traditionnel. Le nouveau village de Gourna (1947) lui donne l'occasion de mettre en pratique ses idées et son « savoir terre ». Ce village qui fut l’œuvre l’ayant rendu connu à l’international, mais peu connu dans son pays. Plusieurs historiens avancent qu'il était un fervent opposant à l'architecture de style occidental qui utilisait, en masse, du béton armé.

Il se bornait à expliquer que l’architecte doit être un « bon architecte », travailler avec les gens, se mettre à leur service et aussi à celui de l’art. Ne pas oublier la puissance du beau. Parallèlement à cela, notons que le sens esthétique et le sens morale sont étroitement liés. Ainsi tout ce que vous ferez avec un sens moral élevé sera toujours beau aux yeux du monde. Par conséquent n’ayez surtout pas peur d’empreinter une voie guider par de grandes valeurs morales.

 

 

Hassan Fathy : l’architecture au service des populations défavorisées

Ne pas oublier que chaque être humain est riche de lui-même et que trop souvent il se sous-estime. Dehors les voitures rivalisent de vitesse, les citadins s’efforcent de correspondre aux images que d’immenses affiches publicitaires leur adressent. Le combat s’avère difficile, mais il continue. Un grand nombre de villages souffrent de la pauvreté, des superstitions, du manque d’éducation et de l’abandon du gouvernement. Si on patiente que le premier pas vienne des politiques en place, les racines de ces maux continueront à s’enfoncer plus profondément, causant ainsi d’autres dégâts. Voilà pourquoi le mot servir prend un tout autre sens pour nous :

Signalez l’avenir

Engager les personnes et faites-les grandir

Réinventez sans cesse

Valorisez les démarches et les relations

Incarner les valeurs

Réfléchissez toujours

 

4-Quelques projets marquants

 

Dar Al Islam Mosque

 

 

 

Maison Hamed Saïd

 

 

 

Maison Toussoun Abou-Gabal,

 

 

Maison Fouad Riyad

 

 

village de la nouvelle Gourna

 

 

 

5-Quelques propos marquants

 « Un homme ne peut pas construire une maison, mais cent hommes peuvent construire cent maisons très facilement, même un millier de maisons. »

« Nous devons soumettre la technologie et la science moderne au service des pauvres et des sans argent et y ajouter le facteur esthétique. »

« Si quelqu'un doute de la possibilité de laisser le peuple construire ses maisons, qu'il aille voir en Nubie. Il y verra la preuve matérielle que des paysans sans instruction [...] peuvent faire beaucoup mieux qu'aucune politique du logement »

 « Une œuvre architecturale est destinée à servir, sa forme est déterminée par les ouvrages antérieurs, et elle se trouve au milieu de la population qui sera forcée de la voir tous les jours ».

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Archibill 19/02/2019 11:35

Nos citadins sont des esclaves, des esclaves de la société de la consommation, des aliénés dont le mode de pensée a été programmé pour toujours, encore, et toujours plus produire, plus consommer jusqu'à la féniantise totale

Archibill 19/02/2019 11:27

Dans votre article j 'ai du mal discerner les propos de Fathy des vôtres. Soyez plus transparent. Soit c'est Fathy, soit c sont vos idéaux

Franklin 16/02/2019 02:20

Hassan Fathy, un architecte engagé, un patrimoine énorme négligé et inconnu des africain qui pourtant inspire énorment de gens venant d'ailleurs nous faire découvrir les approches de cet grand architecte du 20e siècle.